Je vais te parler d'une jolie rencontre qui m'a mis des étoiles dans les yeux, qui m'a fait faire "waou".
L'année dernière, ça devait être à la fin de l'hiver, je me souviens qu'il faisait très froid, et Pruneau et moi étions en route pour la Capitale. Il devait être 6h20 du matin, l'aube se profilait à peine à l'horizon, et nous étions dans cette espèce de clarté maussade qui précède le jour (je t'ai dis qu'on se la jouait poète aujourd'hui).
Nous roulions tranquillement sur les routes de campagne, à cette heure matinale nous ne sommes pas nombreux, quand soudain j'ai vu quelque chose bouger à ma droite. Pruneau l'a vu aussi. C'est un animal. Nous pensons que celui-ci va être effrayé par la voiture et repartir dans le sens opposé, quand je crie "freine, il va traverser !"
Pruneau s'arrête.
Un cerf. Un magnifique cerf. Un cerf gigantesque, aussi grand qu'un cheval, traverse la route comme si de rien était, dans la lumière des phares, rejoint le champs de l'autre côté et disparait dans l'obscurité.
Il est passé à même pas 20 cm de la voiture et pourtant il n'a pas paru effrayé une seconde, il n'a même pas semblé prêter attention à nous.
Cette vision du cerf, dans la semi-obscurité, entouré de brume, s'est imprimée en nous mieux qu'une photographie.
Nous avons repris la route le sourire aux lèvres, sans parler, le souffle coupé devant la majesté du moment, en ayant bien conscience que nous avions eu beaucoup de chance de faire une telle rencontre.
Nous voyons souvent des biches dans les champs ou dans les prairies, mais voir un tel animal d'aussi près, c'était comme si la nature nous avait fait une faveur.
Et décidément, j'aime la campagne.
La Prune









