C'est pas la première fois que j'aborde le sujet, mais c'est d'actualité et toujours utile en temps de crise. Alors pour les petites nouvelles qui discutent au fond de la salle, on va reprendre depuis le bédut.
Comme tout le monde, j'ai eu des moments pas très heureux dans ma vie. J'ai souffert le martyr dans mon adolescence, élève trop attentive, trop calme et peut être un peu trop appliquée, j'étais la tête de turc de beaucoup et j'ai été victime de violences, tant physiques que verbales (appelle moi Cosette).
Et puis Elle est arrivée. Elle, c'est la maladie de ma maman. Cette saloperie qu'on a eu beaucoup de mal à cerner (n'est pas Dr House qui veut) et encore plus à combattre. Cette saloperie qui a bousculé notre famille, parce que pendant des semaines, des mois, on s'est demandé si Moune allait y survivre ou pas.
Moune s'en est remise, mais moi j'avais changé. J'avais peur tout le temps. De ne pas vivre assez, pas assez longtemps, pas assez de choses. Avec le doute raisonnable d'avoir également le gêne maudit (ce qui n'est pas le cas, je le sais depuis peu), j'ai compris que la vie était courte, que tout pouvait s'arrêter du jour au lendemain et je voulais tout, tout de suite.
Et lasse de supporter en plus des agressions extérieures quotidiennes qui me semblaient venir de partout, j'ai décidé de changer de philosophie de vie pour ne pas craquer.
- Je ne juge pas les autres parce que je n'aime pas être jugée. Chacun fait ce qu'il veut, peu importe si Marie-Thérèse donne le sein jusqu'à 4 ans, si Denise fait du co-dodo et Maïté fait dormir sa gosse à minuit tous les soirs. Personne n'a le droit de me dire ce que j'ai à faire et inversement.
- Je ne me prends plus la tête pour les bobos du quotidien. Je me pose systématiquement la question "est-ce que hurler dans ma voiture fera s'évaporer le bouchon ?" Non. Donc j'attends. J'allume la radio, je me met à chanter et à danser dans ma voiture, ça fait rire mes voisins de bouchons, tout le monde est heureux.
- Je vis au jour le jour. Je règle les problèmes quand ils se présentent, je ne les anticipe pas.
- Je positive, toujours. Je me force à voir le verre à moitié plein, même si parfois ça n'est pas évident. Tu peux être dans la mouise totale, ça pourrait toujours être pire, n'oublie jamais ça.
- Je me satisfais de ce que j'ai, je ne m'obstine pas à vouloir plus. Si j'ai plus, c'est du bonus.
- J'entraine les autres dans mon sillage. Rien ne me fait plus plaisir qu'un commentaire positif. Quand les autres se marrent à me lire ou à me regarder faire la nouille, ça me met en joie.
- Je suis attentive à tous les petits bonheurs. Comme l'autre jour quand j'ai vu une biche traverser la route et courir à travers champs. Je me suis arrêtée et je l'ai regardé gambader pendant 10 bonnes minutes. Juste pour le plaisir.
- J'agis toujours en conscience. Comme il me semble être le mieux, comme mon instinct me le dicte. Si je me plante, je me plante. Mais au moins j'ai agis en respectant mes valeurs.
Et ça marche. Je n'ai jamais été aussi heureuse. Je ne dis pas que ma vie est parfaite, loin de là, mais je vis les contrariétés mieux que jamais en ayant pleinement conscience de la chance que j'ai.
J'ai forcé Pruneau, ce pessimiste de nature, a regarder l'émission "j'ai décidé d'être heureux". Parce que c'est ça en fait. Une décision. Un choix.
Ils ont répété tout ce que je tentais d'expliquer à Pruneau depuis si longtemps. Ils m'ont conforté dans mon idée et ça m'a fait du bien... Résultat, selon le test du site, j'ai eu un score de 83 et Pruneau de 72 alors que la moyenne des Français est de 65.
Nous sommes heureux :-)
La Prune