Ce que tu apprends pratiquement au moment où tu tombes enceinte, c'est qu'il n'y a pas deux grossesses pareil. Médicalement, déjà, nous ne sommes pas toutes égales. Nous n'avons pas toutes les mêmes maux (j'entends les nullipares soupirer de soulagement en se disant "ouf ! je ne serais pas comme la Prune !!!") et notre enfant ne se développe pas de la même manière. Certaines ont du mal à tomber enceinte, d'autres pas. Certaines auront un petit bébé, d'autres un gros, certaines accoucheront facilement, d'autres dans des situations compliquées. Il n'y a pas de règles.
Tout au long de ces 8 mois, j'ai croisé toutes sortes de femmes enceintes. Des comme moi, un peu je-m'en-foutistes du poids et de l'apparence, qui font passer leur confort et celui du bébé avant tout, et qui suivent leurs envies et leurs pulsions, parce qu'après tout, si on en a envie, c'est qu'il doit y avoir une raison (hein les filles !)
Il y a les filles un peu bobo qui nous font du Florence Foresti, manger bio, s'habiller en coton et en lin issu d'une agriculture responsable, faire une activité physique régulière (de préférence du yoga), manger 5 fruits et légumes par jour tout ça tout ça. (chapeau les filles, une vie saine, un corps sain... je suis admirative !)
Et puis il y a ce que j'appellerais les "négationnistes". Celles qui font tout pour qu'on ne voit pas qu'elles sont enceintes, qui refusent de changer de vie, de rythme, et qui ne veulent surtout pas qu'on les catalogue dans la case "mum-to-be".
Et c'est ce dernier cas qui nous intéresse.
Je réagis à un reportage sur les femmes enceintes au régime qu'on a vu dans 66 minutes aujourd'hui. Ces femmes qui font tout pour ne pas prendre 1 gramme de plus que nécessaire, qui tentent de camoufler leur ventre tant que c'est possible, qui veulent gommer toute trace de leur grossesse et reprendre une taille 34 à la sortie de la maternité.
Je suis perplexe.
Oui notre corps se déforme et devient une véritable couveuse à bébé. On n'a l'impression de n'être plus qu'un nid, de n'avoir pas d'autre utilité ni d'autre rôle que celui de faire grandir notre enfant. On perd un peu son glamour, malgré les efforts, on perd sa séduction (et encore, pas toujours) et les relations de couples sont rendues... comment dire... plus complexes.
Mais pour autant je n'ai pas l'impression de ne plus être une femme, bien au contraire.
Je n'ai pas besoin de maquillage pour plaire ni pour me plaire. Je n'ai pas besoin de coiffures compliquées pour sourire à mon miroir. Je n'ai pas besoin de cacher ma grossesse comme si c'était une honte. Dans le reportage, la créatrice d'une célèbre marque de vêtements de grossesse trouvait que le corps de son mannequin enceinte mais filiforme était une "perfection", juste un petit ventre, pas un poil de graisse supplémentaire. Je pense surtout qu'une belle femme enceinte est une femme enceinte épanouie, heureuse, joyeuse.
Je lutte quotidiennement contre les réflexions du genre "non mais c'est bon, t'es enceinte, pas malade !". Certes. Mais pour autant pourquoi m'enfermer dans un jean slim quand je suis tellement à l'aise dans ma salopette ? Pourquoi vouloir absolument mettre des talons quand on est tellement mieux en Bensimon ou en tong ?
Et c'est d'autant plus vrai quand ton Pruneau te regarde te désapper (difficilement) le soir et te dis "vas-y, mets-toi de profil ? - Putain, t'es canon quand même". <3 <3 <3
Alors oui, mes jambes ressemblent à un champs d'orangers avec toute cette cellulite, mes genoux ploient sous ma masse graisseuse, j'ai les jambes comme des poteaux, et je vais sûrement me battre des années contre mon jelly bide et mes kilos en trop... mais je me dis que ça fait partie de l'aventure, que c'est comme ça. Et de toute manière, je ne troquerais jamais les raviolis à la sauce aux truffes blanches du resto d'à côté contre du riz blanc et des courgettes vapeur. Faut pas déconner.
La Prune





















