mardi 26 juillet 2016

Refusons la haine

Une fois encore, notre pays a subit une attaque aujourd'hui. Une attaque qui a fait écho en moi parce que c'était contre un prêtre catholique, au sein même d'une Eglise et parce que c'était en Normandie.

En Normandie où je me sentais en sécurité loin des mouvements de foule et des grandes villes touristiques.

Force est de constater que j'avais tort. Nous sommes tous en danger, partout, tout le temps. 

Pourtant, aujourd'hui je ne suis pas en colère. 

Je suis triste, oui, mais pas en colère. Je n'ai pas de haine contre eux.

Peut-être que je m'habitue.

Je crois surtout que je ne sais pas vraiment haïr. Je n'ai jamais été capable de souhaiter du mal aux autres sans m'en vouloir après. Même à mes ennemis.

Parce que la haine engendre la haine.

Parce que la vengeance mène à la vengeance.

J'aimerais leur faire comprendre que ce qu'ils font n'a aucun sens. J'aimerais leur rappeler que l'Islam est une religion d'amour et de paix, tout comme la religion Catholique, tout comme la plupart des religions d'ailleurs. J'aimerais leur dire qu'ils ont tué des hommes et des femmes innocents, sans distinction de religion, qu'ils ont tué dans leur propre camp.  Mais peut-on seulement discuter avec ces gens-là ?

Ils ne tuent pas au nom de la religion. 

Ils tuent au nom de la haine.

Une haine aveugle, sans fondement, sans intelligence. 

Et parce qu'aujourd'hui ils ont tué un prêtre, un homme qui a voué toute sa vie à Dieu, je ne peux que me remémorer les paroles de Jésus qu'il a du répéter si souvent dans sa paroisse. 

"Si quelqu'un te frappe sur la joue droite, tends-lui aussi l'autre joue..."

"Oui, si vous remettez aux hommes leurs manquements, votre Père céleste vous remettra aussi ; mais si vous ne remettez pas aux hommes, votre Père non plus ne vous remettra pas vos manquements."

Seigneur pardonne-leur. Abreuve-nous de joie, de bonheur et d'amour. Montre-nous le chemin de la réconciliation et de la fraternité. Donne-nous la force de lutter sans haine et sans amalgame mais à force d'amour et de charité. Éloigne-nous de la paranoïa et des jugements de valeur.

Nous devons être un peuple fier, uni et libre. Nous devons nous entraider, plus que jamais. Nous ne devons pas nous diviser, nous espionner, nous haïr. Si c'est ce qu'ils cherchent, ne leur donnons pas ce plaisir.

Je vais profiter de mon fils aujourd'hui, l'aimer de toutes mes forces. Demain je retournerai me délecter de tous ces bébés tout neufs qui seront la France de demain. Demain je tiendrai dans mes mains des vies. Des noirs, des blancs, des musulmans, des catholiques. Tous innocents. Tous le fruit de l'amour et tous porteurs de joie et d'espérance. Je vais faire mon travail du mieux que je peux. Je vais entourer tous ces nouveau-nés de toute "l'humanitude" dont je suis capable. Peut-être qu'ainsi, ils en emporteront un peu avec eux.

Pour l'avenir. 



lundi 18 juillet 2016

Amour toujours (attention, ça dégouline de bons sentiments)

Au milieu de tout ce marasme, de cette peur, de cette angoisse qui nous taraude quand on pense aux rassemblements populaires, j'ai fait le plein d'amour ce week end. 

2016 est une année exceptionnelle et je voulais la fêter comme il se doit. J'ai donc organisé (enfin, c'est un bien grand mot parce qu'à part réserver la salle et acheter de la déco je n'ai pas fait grand chose) une grande fête pour profiter de tout ça. 

Mes meilleurs amis sont venus de la France entière, tout de Rockabilly vêtus rien que pour moi. On a bu du rosé, on a mangé, on a rigolé. 

Et puis j'ai eu mes cadeaux... 

Un grand blogueur que j'admire beaucoup a consacré un blablablog rien que pour moi avec tout plein de messages d'amour dedans. Tiens viens écouter tout cet amour dégoulinant qui me fait pleurer 

J'ai eu un livre d'or sublime, rempli de messages extraordinaires venus de partout, même de Tri Yann en personne !!! 

J'ai eu tout plein de cadeaux adorables et surtout une magnifique cagnotte pour m'offrir le tatouage de mes rêves. Un cadeau éternel, indélébile. 

Il m'a fallu quelques jours pour émerger et réaliser ce qu'il venait de se passer... La soirée est passée comme une fusée et je commence seulement à réaliser que je ne mérite pas tout cet amour.

Non, non, je t'assure c'est vrai.

J'ai entendu toute cette année que j'ai été courageuse et déterminée. Mais non. En vrai j'ai été complètement barjo, et entourée de copines tout aussi barjo qui m'ont portées à bout de bras pour m'aider dans mon entreprise de tarée. J'ai été sans cesse entourée pendant cette année. Malgré mon caractère pourri, malgré mon stress, malgré mes sautes d'humeur.

Je n'ai jamais été seule.

Je n'ai rien pu faire d'autre que de répéter "merci" en boucle avec l'impression que ce mot était vide et bien trop en dessous de ce que je ressentais. J'ai eu l'impression d'être entourée de gens merveilleux et de ne jamais pouvoir leur rendre la moitié de ce qu'ils m'ont apporté. 

J'ai été couverte de cadeaux. Mais mes plus beaux cadeaux resteront un livre d'or rempli de mots d'amour, un coeur rempli de souvenirs et un tatouage au fond de la peau qui me rappellera tous les jours à quel point je les aime, à quel point cette année fut riche et à quel point ma vie est belle. 

Parce que putain, elle est belle. 







Merci mes amours,

Je vous aime. 

jeudi 23 juin 2016

Nouvelle vie

Je passe en coup de vent entre un mail à EDF et une tonne de cartons à boucler pour te dire que ça y est, je suis prête. 

Dans deux jours, je déménage. 

J'ai eu un coup de coeur pour un petit (tout petit) appartement de 41 m² dans une ville de Normandie. Oui, tu as bien lu. 

Je retourne en ville. 

Je reste en Normandie. 

Ce n'est pas ce qui était prévu au départ. 

Ma vie a pris un cours inattendu, comme d'habitude j'ai envie de dire. 

Toujours est-il qu'une fois de plus, je suis étonnée. Malgré les nombreuses embuches qui sont en train d'entacher mon déménagement (incompétence de l'administration, coupure intempestive d'EDF juste avant mon emménagement et j'en passe), et bah je suis contente. 

Oui, je suis contente de retourner en ville. 

Contente de voir du monde, de sortir, d'avoir des copines à proximité, des évènements à vivre et des choses à découvrir. 

J'ai l'impression de rajeunir, de reprendre vie après une longue somnolence, de reprendre ma vie (presque) là où je l'ai laissé à la naissance de mon fils. 

La campagne va me manquer. 

Mais ma nouvelle vie promet d'être enrichissante.

Et en ville.  

(mais une ville de province hein, faut pas déconner !)


jeudi 16 juin 2016

3 ans

Mon tout petit, mon trésor, mon amour. 

Tu as 3 ans aujourd'hui. 3 ans que tu partages ma vie un peu timbrée.

Tu n'as pas la meilleure mère au monde et tu n'auras pas la famille la plus normale, tu sais. 

Cette année, je t'en ai fait baver, j'en ai conscience et je m'en excuse. J'ai fait exploser ta vie, tes repères, tes habitudes. 

Normalement, bientôt, ça devrait se calmer. On va s'installer, trouver nos marques et les garder. Et dès qu'on aura déballé les cartons, je t'emmènerai à la mer et tu pourras faire des pâtés de sable avec ton seau Pat Patrouille.

J'ai envie de te bouffer en permanence. Quand tu dis "merci bien !" quand je fais quelque chose. Quand tu pose ton front sur le miens en disant "je t'aime". Quand tu dis bonjours aux chats en leur disant qu'ils t'ont manqué. Quand tu me demande un "câlin-cheveux" ou un massage pour soulager ton petit ventre. Quand tu t'évertue à faire des phrases avec un sujet, un verbe et un complément, même si la syntaxe et la conjugaison ne sont pas toujours exactes. 

Tu es incroyablement fort et courageux, plein d'espérance et de joie de vivre. Tu t'intéresse à tout, tu poses des questions sur tout. Tu es un incorrigible gourmand et un coeur tendre. J'aime nos habitudes, nos connivences, ce que nous partageons et qui n'appartient qu'à nous. J'aime les remarques impertinentes qui font rire les passants quand on est dans la rue. Tu rapproches les gens, tu détends l'atmosphère, tu rends le monde plus heureux à ta façon.

Quels qu'aient été mes choix par le passé, une chose est sûre.


Je ne peux pas concevoir ma vie sans toi. 


Tu seras toujours ma priorité et je ferai tout pour que tu sois heureux. 

Aujourd'hui, mon chéri, c'est le grand jour. 

Tu vas souffler tes bougies, tu vas recevoir ton "gros camion" et tu auras enfin 3 ans. Ces 3 ans que tu attends depuis si longtemps et qui pour moi sont arrivés si vite. 

J'ai hâte de voir le petit garçon que tu vas devenir. Hâte de vivre ta première rentrée, tes premiers souvenirs, et toutes les choses qui nous attendent tous les deux.  

Je t'aime mon fils. 


Joyeux anniversaire. 





samedi 11 juin 2016

O.P.T.I.M.I.S.M.E

Parfois on me l'envie. Parfois on me le reproche. Parfois on m'accuse d'inconscience.

Mais je lui dois ma survie.

Il m'aide à cloisonner les problèmes, les prendre et les résoudre un par un.

C'est mon mécanisme de défense à moi. Il me fait voir le beau même quand tout est moche. Il m'aide à percevoir la lumière au milieu de l'obscurité.

Grâce à lui, je profite de chaque instant. Il fait d'une chanson un exutoire, d'une balade un voyage. En quelques minutes, je peux recharger mes batteries.

Il m'a appris qu'il fallait que je garde confiance. En Dieu, en la vie, en ma bonne étoile, en mon instinct.

Il m'encourage à sauter tête la première sur un coup de tête et me promet qu'il y aura assez de fond en dessous pour que je puisse me rattraper en douceur.

Parfois c'est un peu plus rude que prévu.

Parfois je m'écorche un peu en chemin.

Parfois j'atterris un peu plus loin que ce que j'avais imaginé.

Mais je ne me plains pas.

Jusqu'ici j'ai toujours atterri.

Il est ma chance, ma force, mon soutien.

Mon optimisme. 



lundi 30 mai 2016

Je l'ai fait

Voilà. 

Je l'ai fait. 

Il y a 2 ans, peu de temps après avoir repris le boulot après mon congé parental, je me suis rendue compte que ce travail n'était plus fait pour moi. Enfin, en vrai, il ne l'avait jamais été, sauf que là, je ne le supportais plus. Sûrement parce que je mesurais davantage ce que je ratais en passant mes journées au boulot. 

La balance penchait clairement du mauvais côté, jusqu'au jour où j'ai entendu le petit "cling" dans ma tête. Ce petit bruit de la balance heurtant la table a raisonné dans ma tête et j'ai ouvert les yeux. C'était fini. Si j'avais pu ne pas mettre les pieds au bureau dès le lendemain, je l'aurais fait. 

Le problème c'est qu'à 18 ans, je n'avais aucune idée de ce que je voulais faire, et surtout de ce pour quoi j'étais douée. Est-ce qu'à presque 30 ans j'allais mieux m'en sortir ? Changer de voie, oui, mais pour où ? 

Bref. Me voilà. 2 ans plus tard. 

J'ai passé mon concours, j'ai eu une des 16 places sur 400 candidats. J'ai étudié, j'ai travaillé en stage. J'ai découvert le monde médical, celui de l'hôpital. Je me suis fait des frayeurs, j'ai appris à relativiser, à faire preuve d'humilité et à croire en moi. 

J'ai eu l'impression de me noyer, de ne pas y arriver. J'ai eu envie d'arrêter. 

Mais je suis têtue. J'avais pas fait tout ça pour m'arrêter en cours de route. Je n'avais pas envie de passer pour une faible et surtout, SURTOUT, pas envie de me retrouver à nouveau derrière un bureau. Plus JAMAIS. 

J'ai validé tous mes modules les uns après les autres. Avec une moyenne de 16/20. Sans fausse modestie, j'en suis fière. Mon travail a payé. Car oui, papa, maman, j'ai travaillé. Ce n'est pas mon BTS d'Assistante Trilingue qui m'a appris l'anatomie et la physiologie. 

D'autant plus que je gère une séparation, un gamin de 3 ans et un déménagement dans le même temps. 

Alors je trouve que franchement, je ne m'en sors pas trop mal. 

Même si j'ai toujours l'impression que le monde tourne et que je cours derrière pour essayer de le rattraper. 

Je suis fière de moi (je l'ai dit ou pas ?).

Fière que la petite assistante de direction qui n'avait aucune expérience médicale soit aujourd'hui considérée comme une des meilleures élèves de sa promotion. Fière qu'on m'ait recommandé de pousser plus loin et de devenir infirmière (qui sait, quand j'en aurais assez du confort, je me relancerai peut être dans l'aventure). 

Je suis surtout très très fière d'avoir enfin trouvé ma voie. Fière de faire un métier que j'aime, d'aller au travail avec enthousiasme, de rentrer crevée mais sans jamais être déçue de ma journée, en ayant eu l'impression de servir à quelque chose, à quelqu'un, d'être utile. De m'abreuver de sourires et d'humanité. 

Il y a deux ans je désespérais de pouvoir dire ça un jour. 

J'aime mon travail. 


Maintenant il me reste 1 mois de stage en crèche pour valider mon diplôme. Je vais pouvoir en profiter pleinement, sans me mettre un stress inutile, en ayant du temps pour récupérer le soir. 

Je suis une blouse blanche, je vais le rester et j'en suis fière. 

Je suis Auxiliaire de Puériculture





samedi 14 mai 2016

Rencontre avec le polyhandicap

Dans le cadre de ma formation, je suis amenée à faire un stage dans un établissement qui accueille des enfants polyhandicapés. Je n'étais pas obligée d'accepter, mais j'en ai fait la demande. Je voulais voir de tout et je ne voulais pas partir sur des a priori pour faire mon jugement. 

Le polyhandicap, en gros, c'est lorsqu'un (ou plusieurs) handicap moteur se cumule avec un (ou plusieurs) handicap mental. Les enfants polyhandicapés sont généralement totalement dépendants, avec de gros déficits moteurs et un retard mental plus ou moins prononcé. 

J'avoue que je n'ai pas fait ma fière en y allant. Je savais que ça allait être un stage difficile, éprouvant physiquement et moralement. 

Quand je suis arrivée, un concert était organisé pour les enfants. Et le charme a fait effet. Et je ne parle pas de la musique. J'ai croisé des regards, j'ai surpris des rires. J'ai presque versé une larme. Pas de peur. Pas de tristesse. Mais d'émotion. 

Parce qu'il se dégageait plein de vie de tous ces enfants. Ils communiquaient tellement d'amour, de bonheur, que c'en était presque douloureux. 

Ils ont une force. Vous ne pouvez même pas l'imaginer. 

Ils n'ont rien. 

Mais ils ont tout. 

Leur sourire, c'est du bonheur à l'état pur. 

C'est une âme qui apparaît à la surface. 

Ils ont une telle force de vie qu'ils sont capable de repousser les limites de la science, de faire mentir la médecine, juste pour rester avec nous. 

Humainement, on se prend une grande claque dans la tronche.

Ils sont innocents. 

Ils sont géniaux. 

J'apprends énormément auprès d'eux, pour ma formation, bien sûr, et humainement aussi. 

J'apprends à relativiser, à savourer. 

Je ris avec eux. 

Je chante avec eux. 

Je fais le plein de vie, avec eux. 

Alors si je dois vous donner un conseil. Ne vous arrêtez pas aux apparences. Oui, leur corps a subit des malformations. Oui ils ont un visage qui a souffert. Oui, parfois ils bavent, ils poussent des cris. Mais prenez le temps. Cherchez leur regard. 

Vous avez tellement à apprendre d'eux. 

Nous avons tous à apprendre d'eux.