vendredi 6 juin 2014

Il y a 70 ans

6 juin 1944. 6h du matin. 

Il y a 70 ans.

Mon papa avait 2 ans. Ma mamé devait sans doute être en train de préparer le petit déjeuner - c'était une lève tôt - elle a du remettre du charbon dans le poêle et mis à chauffer un mauvais café déniché au marché noir. Elle a du regarder dehors en essuyant ses mains à son tablier en se demandant ce qu'elle allait pouvoir trouver à l'épicerie avec ses tickets d'alimentation. Peut être que mon papé était déjà parti à la mine. Après avoir avalé son café au lait, tranquille, elle a du réveiller ses enfants et préparer la plus grande pour aller à l'école. Peut être qu'elle s'est attardée sur le seuil de la maison en savourant les rayons du soleil et en écoutant le chant des cigales.

Peut-être qu'ils avaient écouté Radio Londres sur l'antique TSF. Peut-être qu'elle savait. Peut-être qu'un petit espoir avait germé dans son coeur comme dans celui de la France Entière.

Un espoir de paix.
 
Loin, bien loin de ce petit village du Gard où la vie suivait son cours malgré la Guerre, après une nuit de parachutages, des centaines, des milliers de jeunes hommes - pour la plupart à peine sortis de l'adolescence - se faisaient tuer, massacrer sur les plages Normandes. 

Pour Nous.

Pour la France.

On ne peut pas vivre en Normandie sans être happé par cette bataille terrible par laquelle la victoire et la libération sont arrivées. 

Ste Mère Eglise, Carentan, Ouistreham, Arromanche, Caen, Rouen, Evreux, Bayeux, Cherbourg, St Lo...

Dans la plupart des villes de ma région, on devine, à travers les reconstructions hâtives d'après-guerre, les dégâts incroyables des bombardements et des combats.

Et puis il y a les lieux de mémoire, les lieux importants. Le mémorial de Caen. Le Pegasus Bridge. Le cimetière militaire de Colleville-sur-mer (Omaha Beach) qui regroupe à lui seul 9 387 militaires.

Ces croix, si belles, si blanches, qui s'alignent, par centaines, par milliers, dans ce lieu si paisible, en haut de cette falaise et cette vue sur la mer, sur cette plage où ils ont pour la plupart péri... comment imaginer ?

Je me souviens d'avoir marché, avec ma meilleure amie,  lentement, à travers les allées en énumérant les noms, les âges, comme pour les faire revivre, un à un.

Et tous ces soldats inconnus. Des dizaines, des centaines.. Je n'ai pas arrêté de me demander "mais dans quel état les a-t-on trouver pour qu'on soit incapable de savoir qui ils étaient ?". Et toutes ces familles de "portés disparus" qui n'ont jamais su, qui ne savent toujours pas.

Source

Tout ça pour dire qu'on ne peut évoluer dans le monde moderne sans penser au passé. Sans imaginer ce qu'aurait été notre vie si 200 000 hommes n'avaient pas péris, disparus ou été blessés pour nous libérer. 

On ne peut pas penser à eux sans penser à ce qu'aurait été leur vie sans cette guerre. A leur famille détruite par la nouvelle, aux enfants qu'ils auraient eu, à la vie paisible qu'ils auraient pu mener. 

On ne peut pas oublier ce qu'ils ont fait pour nous.

On se doit de respecter leur sacrifice, même 70 ans après. 

On se doit de les remercier. 

Et on se doit de remercier tous ceux qui ont survécus et qui sont encore là aujourd'hui pour en témoigner. 

Messieurs, pour ma famille, pour mon fils, pour ma patrie et pour la Normandie, 

Merci. 

6 commentaires:

  1. Et merci à toi pour très bel article

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  2. Wow, les larmes sont venues toutes seules et j'ai lu ton "merci" à voix haute tant il est beau et plein de sens. Oui, Messieurs, infiniment merci !!

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  3. Oui , merci de ce bel hommage . J'ai souvent pensé à ces soldats qui se tenaient juste contre les portes des péniches de débarquement ....et qui savaient qu'ils allaient mourir .
    A tous ces hommes .....merci .
    Marie des fées .

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  4. Infiniment merci à vous tous vétérans si courageux et si digne.
    Merci pour la vie que vous nous avez permis d'avoir.
    Demain nous allons nous rendre à Sainte Mère Eglise avec mon mari et ma fille.J'espère de tout coeur avoir l'honneur de rencontrer ces hommes qui nous ont tant donné (et qui l'ont payé si cher.....).
    Grâce à vous,je suis fière d'être normande.
    Avec tout mon respect et mon admiration...MERCI!!!!!!!

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  5. Mamie Claudine8 juin 2014 à 22:18

    quel beau billet ! J'aime , j'aime , j'aime ... Bravo , maman Prune .

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Les commentaires sont modérés alors ne t'inquiète pas s'ils mettent du temps à s'afficher, je suis pas toujours là mais ça finira par arriver et j'y réponds (presque) toujours !