dimanche 29 octobre 2017

Lettre à la Moi d'il y a 10 ans

Tu as sans doute déjà lu cette chaine sur Facebook : "si tu devais dire une phrase à la fille que tu étais il y a 10 ans, que lui dirais-tu ?". 

Cette chaîne m'a beaucoup énervée au début. Parce que j'étais en colère. Contre moi, surtout. En colère d'avoir choisi ce "père" pour mon fils, en colère de l'avoir défendu envers et contre tous, en colère d'y avoir cru - jusqu'au bout - en colère de m'être réveillée un jour, en colère d'avoir été aveugle, manipulée, crédule, stupide. 

J'avais alors mille mots fleuris pour la jeune gourde que j'étais il y a 10 ans. J'avais envie de lui dire que non, son histoire ne serait pas différente des autres. Qu'elle lisait trop d'histoires romantiques et que la réalité c'était parfois super moche. Que oui, elle allait perdre du monde, faire du tri dans ses amis mais qu'il ne lui rendrait jamais. Et surtout, ce qui lui ferait le plus mal, qu'il n'allait pas aimer son fils aussi fort qu'il le mérite. 

Aujourd'hui, j'ai déposé mon fils chez mes parents et nous sommes repartis, avec mon Barbu, pour une semaine à la maison sans lui. Durant tout le trajet du retour, nous avons discuté, nous avons rigolé, nous avons été mièvres et ça faisait du bien. 

Il m'a fallu du temps. Du temps et beaucoup de travail sur moi-même. Pour laisser entrer cet homme durablement dans mon coeur. Pour lui faire confiance et surtout pour avoir confiance en l'avenir. J'ai longtemps cru en beaucoup d'histoires qui sont mortes avant de commencer. Je ne mettais pas un sou sur celle-là, je n'y croyais pas du tout au départ. 

ça m'a fait repenser à une chanson d'Emmanuel Moire (woohoo, culture de folaïe). 

Parce que, comme je l'ai dit au début de notre rencontre, il faut savoir ce qu'on ne veut plus, avant de savoir ce que l'on veut. 

Il faut avoir vécu dans une mansarde de 40 m² sans ascenseur et sans isolation, pour apprécier vraiment un appartement récent et bien conçu avec un parking (même si les voisins sont super chiants). 

Il faut avoir fait des aller-retours à la laverie, pour apprécier une toute petite machine qui fonctionne bien. 

Il faut avoir passé un an sans four, pour aimer d'amour une vieille gazinière électrique que mon proprio juge à bout de souffle. 

Il faut avoir connu la passion destructrice et douloureuse, pour aimer l'amour tendre et délicat. 

Il faut avoir connu les histoires tortueuses et compliquées, pour aimer la douceur d'une histoire sans accrocs. 

Il faut avoir connu les sorties explosives et luxueuses, cachant l'abandon et la solitude, pour apprécier les soirées streaming tranquilles dans le canapé. 

Il faut avoir connu une famille atypique et une histoire bancale, pour apprécier la douceur d'un foyer uni.  

Aujourd'hui, mon fils est très attaché à son beau-père. Il prend exemple sur lui, il lui fait confiance, il rit et joue avec lui. 

Aujourd'hui, j'ai une belle-famille d'enfer, avec qui j'ai de réels liens et pour qui je ne suis pas une pièce rapportée qu'on regarde avec méfiance. 

Aujourd'hui j'ai un homme tendre et fort, drôle et intelligent, sur lequel je peux toujours compter et qui sera toujours là pour nous, comme je serai là pour lui. 

Un homme qui m'apprécie telle que je suis - même si ça le fait parfois grincer des dents - parce qu'il "aime avoir une femme pas comme tout le monde". 

Un homme jeune, mais mature, qui a su construire avec moi notre histoire autour de mon fils. On ne s'oublie pas, mais on ne l'oublie pas non plus. 

On jongle avec nos boulots, notre enfant, nos tâches ménagères et pourtant je n'ai JAMAIS l'impression de faire passer quelque chose avant l'autre. 

J'ai l'impression - enfin - de vivre en harmonie chez moi. 

Alors non, je ne dirais pas à la fille d'il y a 10 ans qu'elle va probablement faire la plus belle c*nnerie de sa vie. 

Je lui dirais que, pour apprécier un bon repas, il faut d'abord avoir faim. 

Que pour savoir courir, il faut d'abord apprendre à marcher. 

Et que pour apprécier vraiment son bonheur de demain, il faut peut être qu'elle souffre aujourd'hui. 





jeudi 28 septembre 2017

Le pot-au-feu

Je n'aime pas cuisiner. 

Je ne fais que rarement la cuisine 

Je ne fais que des pâtes, des plats faciles à préparer et parfois quelques gâteaux. Je suis une fervente adepte du micro-onde, du surgelé et des conserves. 

J'ai vécu un an sans four et ça ne m'a presque pas manqué (sauf pour les pizzas et le préfou). 

Je n'aime pas couper la viande (en plus ça coûte super cher). 
Je n'aime pas laver et éplucher les légumes. 
Je n'aime pas commencer le dîner à 17h. 
Je n'aime pas me retrouver avec 3 tonnes d'épluchures à jeter, de vaisselle à faire et une cuisine qui ressemble à un champ de bataille. 

Mais ce soir j'ai eu envie de pot au feu. Ca me prend, parfois, quand les feuilles dorent, que les soirées sont fraîches et que les jours raccourcissent.

Alors j'ai commencé à couper ma saleté de viande, mon oignon qui pique les yeux, à les faire revenir tandis que je coupais les poireaux, les carottes, le navet et une pomme de terre. 

Et puis, dès que la viande s'est mise à dorer, l'odeur m'a assaillie. 

Une odeur de repas de famille, de rires et de disputes aussi. 

Une odeur de farces et de jeux de mots avec mon grand dadais de frère et mon père.  

Une odeur de pyjama en velours et de robe de chambre. Une odeur de "mets tes chaussons, tu vas attraper froid sur le carrelage !". Une odeur de longs cheveux humides qui sentent le shampoing. Une odeur de nuit noire, de lampadaire et de buée sur la fenêtre. 

Une odeur rassurante, réconfortante juste après les devoirs et juste avant la journée d'école suivante. 

Une odeur d'enfance. 

Et finalement, même si ça n'est pas souvent, c'est chouette de créer des souvenirs olfactifs à son enfant. 

Parce que remonter le temps rien qu'en tournant le bouton de la gazinière, c'est presque magique. 

Et un adulte, ça a presque autant besoin de magie qu'un enfant. 



NB : Brugnon m'a dit qu'il ne sentait rien à cause de son nez bouché, qu'il n'aimait pas les carottes et qu'il ne savait pas ce qu'était un navet, mais on va dire que la magie est rétroactive, hein. 

mercredi 23 août 2017

Vapote or not Vapote ?

Un siècle après tout le monde, je suis devenue vapoteuse. J'ai acheté une cigarette électronique. Je n'aime pas l'effet de mode et je pensais que ça n'était pas pour moi, mais mes finances criaient au secours et j'ai décidé de tester, juste pour voir. Deux mois plus tard, voici mon bilan ! 

1) - Comment je la choisis ?


Personnellement je n'y connaissais rien et j'ai préféré m'adresser à un vendeur pour y voir clair dans le marché plutôt bien rempli. Il m'a conseillé une Ego Aio, moyenne gamme, à 45 €, en solde à 30 €. Une autonomie d'une dizaine de cigarettes, elle est petite avec un réservoir de 2 ml que je recharge environ 2 à 3 fois par jour. 

Pour les eliquides, le plus important c'est le dosage en nicotine. J'avais commencé 3 mg et franchement ça n'était pas assez. Il m'a fallu une bonne semaine pour comprendre que les larmes, le stress et l'envie de tuer tout le monde venait d'un effet de manque. Pour une dizaine de cigarettes par jour, visez donc 10 mg, 6 mg minimum (c'est ce que j'utilise). 

Après, pour les goûts, tout est possible. On en a essayé plusieurs et nos coups de coeur sont passionito de clopinette (un mélange mojito fruits de la passion) et Pagaille, un mélange de fruits rouges. On a aussi testé mangue, pomme, pastèque, fruits rouges à la violette, cupcake framboise, beurre de cacahuete (qui était beark), ice tea pèche, bubble gum...

Certains vapoteurs restent fidèles à un seul arome, tandis que je préfère changer régulièrement parce qu'au bout d'un moment je ne sens plus rien et je ne prends plus vraiment de plaisir. 

2) - Est-ce que ça marche ? 


ça m'a dégoûté de la cigarette en 15 jours. Mais vraiment. Je ne supporte plus ni le goût ni l'odeur. On ne fume plus de la même manière, plutôt que fumer une cigarette à des moments précis de la journée, je fume quelques taffes tout au long de la journée. Mon appartement, mes cheveux, mes vêtements et ma voiture sentent bon à nouveau et je n'ai plus un chat dans la gorge en permanence. Fini de faire des trous et de mettre de la cendre partout. Et surtout, finie la recherche perpétuelle du briquet perdu dans le fond du sac ! 

Le "hit" (sensation de brûlure dans la gorge) est le même que pour la cigarette, il faut juste apprendre à prendre de longues inspirations de 3 ou 4 secondes mais ça vient vite. Il y a plus de fumée à l'expiration mais c'est de la vapeur d'eau qui ne sent presque rien, les gens sont plutôt conciliants en général, plus d'engueulades en terrasse, de regarder où tourne la fumée... Je demande encore si ça gène mais la plupart du temps les gens finissent par l'oublier. 

Elle se branche sur une prise USB et la recharge tient une dizaine de cigarettes en moyenne. Si je tarde à recharger ou si je sors il m'est déjà arrivé de tomber en rade, mais je trouve généralement où la recharger assez rapidement. 

3) - Est-ce que c'est rentable ? 


Je fumais en moyenne 2 paquets de 25 par semaine, soit environ 17 € par semaine. 

Un eliquide coûte environ 6€ et me fait au moins une semaine.  

La résistance dure de 1 à 3 semaines (mais plutôt 3 si on l'utilise bien), à 3 € la résistance. 

En gros, hormis l'équipement du début (la vapote, une coque en silicone), 1 mois de vapote me coûte 27 €. 

Contre 68 € de cigarettes... 


4) - Le bilan


Pour l'instant je suis contente de mon achat. Je n'ai pas arrêté de fumer mais j'ai définitivement arrêté la cigarette et ça me fait beaucoup de bien dans tous les sens du terme. La vapote n'est pas faite pour tout le monde, on peut s'en lasser, mais elle reste une bonne alternative au tabac et ça peut vraiment être un déclic. 

Je pense surtout qu'il ne faut pas lésiner sur le budget de départ. Choisissez votre e-cig en fonction de votre budget tabac. Plus vous fumez, et plus vous devez investir afin d'avoir une cigarette avec une autonomie suffisante et qui puisse rivaliser avec votre petite blonde préférée ! 



vendredi 4 août 2017

Apprendre à s'aimer

J'ai du déjà écrire sur le sujet, mais l'idée me trotte dans la tête depuis un moment et, comme souvent, j'écris plus pour moi que pour être lue au final... 

J'ai souvent été une jeune fille complexée. Par mon physique, mon poids, ma personnalité, mon incapacité à être "comme tout le monde". 

A 30 ans passés, je n'ai pas changé de physique (ou en pire) et ma personnalité s'est affirmée (plutôt dans le mauvais sens en fait). 

Et pourtant je me regarde aujourd'hui avec bien plus d'indulgence qu'hier. 

Avec le temps, j'ai appris qu'il y avait une différence entre ce que j'aimais et ce que j'étais. 

J'adore le style pin up, le maquillage de poupée, les escarpins et les coiffures tirées à quatre épingles. Mais moi je ne suis bien qu'en culotte de coton, en baskets de toile et en tshirt à motifs... Je ne me maquille jamais et je passe moins de temps de la salle de bain que mon propre barbu. 

J'ai banni certaines marques de vêtements juste parce que me balader dans des rayons pleins de vêtements trop conventionnels me filait des boutons. 

Ma déco ne ressemble pas à ces magnifiques intérieurs scandinaves que j'aime tant. Elle explose de couleur, elle mélange l'ancien et le moderne, le bleu, le rouge le vert... Rien ne va ensemble, mais c'est un tout qui me ressemble. 

Avec le temps, j'ai appris à tolérer mes défauts. Je ne suis plus complexée, mais je suis honnête. C'est ainsi que je suis, un électron bizarre sur la planète terre, qui ne fonctionne pas comme tout le monde, qui n'a pas les goûts de tout le monde et qui peine à s'accorder avec le monde. 

Si je me tolère aujourd'hui, j'espère m'aimer demain. J'espère arrêter de regretter de ne pas être la fille populaire que tout le monde apprécie et qui réussit dans tous les domaines. 

Je suis moyenne en tout, je n'accomplirais jamais de grandes choses, je ne ferais rien de remarquable. Je ne changerais la vie de personne. 

Mais je ne pourrais jamais me fondre dans la masse. 

Je serai toujours moi, j'en ai fait un devoir, parce que je ne supporterais pas de passer ma vie à être quelqu'un d'autre. 




mardi 20 juin 2017

Si je fume pendant ma grossesse, c'est pas grave ?

Attention, cet article n'a pas pour vocation de juger. On te rabache toute la journée que tu ne dois pas fumer pendant ta grossesse, bouh, c'est pas bien ! Je sais que tu le sais. C'est plus fort que toi. On y est dépendant à ces petits machins. Je le sais bien. En revanche, j'ai vu trop de mamans qui n'étaient pas du tout préparées aux conséquences du tabac ou des joints sur leur grossesse. Je ne vais pas te parler de ce qu'on lit dans les livres, d'études ou de pourcentages à la con. Moi je vais te parler de ce que j'ai croisé tout au long de ces mois d'expériences. La vérité vraie quoi. 


Alors concrètement oui, pour la plupart des gens ça va se passer très bien. Je peux te citer des tas d'exemples de bébé qui auraient pu prendre cher et qui sont passé à travers les mailles du filet. 

Et tu vas me dire que tabac et drogue n'ont pas la même valeur et le même impact sur bébé. Tu as raison. Je ne vais pas parler de drogues dures d'ailleurs, j'ai trop peu d'expérience en la matière. Les bébés de toxicomanes doivent souvent avoir des traitements de substitution et j'avoue que je ne m'y connais pas du tout. 

En revanche tabac et drogues douces ont à peu près les mêmes effets à l'arrivée de bébé. 

Saches d'abord que fumer favorise la prématurité avec toutes les conséquences (difficultés respiratoires, immaturité, problèmes de développement éventuels, risque de mortalité...) qui s'y rattachent. Les bébés de mamans fumeuses sont souvent hypotrophes (plus petits que la moyenne). Après tout, c'est pas bien grave, un bébé petit ! 

Bon ok. 

En revanche il y a une chose qui est commune au tabac et à la drogue : la dépendance (et c'est bien pour ça que c'est si difficile d'arrêter !). Maintenant imagine toi passer de plusieurs cigarettes par jour (une broutille) à rien du tout. D'un coup. Du jour au lendemain. C'est dur hein ? 

Et bah c'est aussi dur pour bébé. On va pas lui mettre la clope au bec à la naissance. Pas de patchs de nicotine ni de chewing gum. Ni de cigarette électronique . Du coup il va faire un syndrôme de sevrage. Il arrive en moyenne à J2/J3 et il est généralement facilement reconnaissable (du coup, même si tu nous le dis pas, on va le savoir, nananère !).

A l'hôpital on utilise ce qu'on appelle un Score de Finnegan pour évaluer le syndrôme de sevrage. Cette échelle passe en revue tous les symptômes, du plus petit au plus violent, comme par exemple : 

Excitabilité, cris en continus, absence de sommeil, trémulations, hypertonie, hyperthermie, encombrement nasal, vomissements, difficultés d'alimentation...

Bon, ok, là c'est le pire du pire. 

En gros la plupart des enfants en sevrage sont des boules de nerfs très difficiles à calmer, qui passent leur temps à hurler et à gigoter, qui ont des difficultés à s'alimenter ou au contraire se goinfrent à s'en faire vomir et qu'on doit emmailloter/porter en permanence. 

Après, ça passe. Le plus souvent en quelques jours et au pire en quelques semaines.  

Petit arc en ciel dans ce monde de brute : il est - contrairement à ce qu'on pourrait croire - plutôt conseillé d'allaiter lorsqu'on fume. En effet, la nicotine passant dans le lait, ça permet de sevrer bébé plus progressivement (à condition de diminuer sa consommation) et de pouvoir ainsi limiter la casse. 

D'autre part, arrêter de fumer (quand on fume beaucoup) peut provoquer un stress tout aussi néfaste au bébé. Le mieux à faire est donc soit d'arrêter avant sa grossesse, soit de diminuer progressivement (et autant que possible) jusqu'à la fin.

Saches aussi que le tabac intervient dans la majoration des risques de mort subite du nourrisson. Mais là il faudrait que je te ressorte des chiffres et des études blablabla...

Voilà. J'espère n'avoir pas été trop méchante - ça n'était pas le but - mais que tu pourras faire tes choix en conséquence ou au pire, te préparer à ce qui risque de t'arriver pour ne pas tomber des nues la première semaine. 

Bon courage ! 

jeudi 4 mai 2017

Insomnie

Je dois t'avouer un truc, je suis insomniaque. Depuis 4 ans maintenant, quand quelque chose (ou quelqu'un) me coupe dans un cycle de sommeil, quand je bois trop de café ou que je suis contrariée... Je suis comme tous les insomniaques du monde, je tourne et retourne dans mon lit. J'ai appris à arrêter de lutter. Je prends un petit dej, je regarde des séries... Je m'occupe quoi. 

Je maudis donc régulièrement ce ou ceux qui troublent mon repos. 

Et il y a souvent 3 responsables. Mon fils, mes chats ou mes voisins. 

En 10 ans j'ai enchaîné les voisins exceptionnels... 

Mes premiers voisins c'était dans un petit studio insalubre en région parisienne que je payais une fortune pour des murs en parchemin et de la peinture qui tombait en poudre du plafond (j'ai déclaré mon asthme là bas d'ailleurs). J'avais des voisins sympathiques qui soit pratiquaient le corps à corps fenêtres ouvertes, soit se balançaient des meubles sur la tronche en pleine nuit, soit écoutaient de la techno à fond le samedi matin à 6h. J'ai appelé les flics plusieurs fois, je suis allée les voir plusieurs fois aussi. 

Ensuite j'ai déménagé à Evreux une première fois. J'ai eu des voisins qui se sont tirés dessus en pleine nuit. Oui oui, des coups de feu. J'ai d'abord cru à quelque chose qui tombait dans les escaliers, puis à des pétards... On voyait de la lumière après chaque détonation alors franchement, ça y ressemblait bien. Comme on les entendait encore crier après les coups de feu, j'en ai déduit que tout le monde allait bien et j'ai laissé l'Ex me convaincre de ne pas appeler la police. Mais j'aurais du. Ils se sont disputés comme ça toute la nuit. Un vrai bonheur. 

Ensuite dans ma campagne, les voisins étaient plus cool la nuit (et l'immeuble mieux insonorisé). J'ai quand même eu un voisin qui s'engueulait avec quelqu'un au téléphone toutes fenêtres ouvertes en été, qui a reçu des menaces de morts sur la porte de l'immeuble et qui a fini par faire une tentative de suicide. Mais au moins c'était pas la nuit. 

Bref. Dans mon nouveau chez moi les murs sont fins mais toutes mes voisines sont des femmes et jusque là je n'avais pas trop eu de problème. Samedi dernier j'ai eu de la musique all night long. Mais vraiment. Jusqu'à 8h30 du matin avec une pause de 6 à 8. Je n'ai pas appelé la police parce que ce n'était pas assez fort pour réveiller brugnon et que je n'arrivais pas à déterminer si ça venait de mon immeuble ou de la cour. Mais bien sûr mon insomnie a duré toute la nuit aussi. 

Hier, ma voisine du dessous s'est disputée avec quelqu'un. J'ai entendu des pas courir sur le parquet et je me suis réveillée en sursaut parce que j'ai cru que c'était Brugnon qui avait fait un cauchemar. Ensuite j'ai cru qu'elle avait eu un problème, que quelqu'un avait fait un malaise et je révisais déjà les gestes qui sauvent dans ma tête en me disant "si elle sort et qu'elle crie à l'aide, je fonce". Je l'ai entendue crier quelques chose (mais pas à l'aide) puis un homme a parlé longtemps... Très longtemps. Il y a eu des meubles balancés puis il est parti. Elle a fermé ses volets et j'imagine qu'elle est allée se coucher. 

Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit. ça m'a réveillé à 23h40 et quand le barbu s'est levé à 4h je ne dormais toujours pas. 

Et tu sais pourquoi ? Parce que ce genre de truc ça m'angoisse à mort. 

Parce qu'en 2007, un homme est entré chez moi  à 5h du matin par la porte que j'avais mal fermée. PArce que j'ai cru que c'était l'Ex, avant de réaliser qu'il y avait un inconnu dans ma maison. Parce que je lui ai hurlé de partir et qu'il était trop bourré pour réfléchir qu'il y avait une femme seule à moitié nue à quelques mètres de lui. Parce que quand les flics sont arrivés à 8 avec des flashball il était déjà loin, mais qu'il aurait pu me violer et me tuer sans que je ne puisse prévenir personne. 

Parce que je ferme toujours la porte à double tour quand je suis chez moi. 

Parce que mon esprit est aux aguets et que je ne peux pas dormir sereinement quand ce genre de trucs arrive, d'autant plus en pleine nuit. 

Parce que je me suis retenue de ne pas réveiller le Barbu mais que je l'ai quand même fait (presque sans faire exprès) et que j'étais bien contente qu'il soit là. 

Alors pitié, disputez-vous chez vous si vous voulez. 

Mais avant 23h. 

Ya des insomniaques qui essaient de dormir.

(je précise que j'ai toujours vécu dans des centre-villes tranquilles, pas dans des cités, pas dans des "quartiers chauds"... rien de tout ça...)
source

dimanche 16 avril 2017

Petite paroisse Grand bonheur [catho inside]

J'ai été baptisée l'année dernière, dans la petite paroisse de campagne où j'habitais auparavant. Une petite paroisse sans prétention, sans grandes orgues, avec peu de moyens. La plupart du temps on n'avait aucun accompagnateur pour la musique. Dans les Eglises équipées on avait parfois un CD (quel luxe !). Une paroisse simple avec 4 prêtres, dont les messes tournent d'un village à l'autre chaque semaine pour que tout le monde puisse y aller de temps en temps. 

J'ai commencé à y entrer quand j'ai baptisé Brugnon. Je suis arrivée en leur disant "je ne suis pas baptisée, je ne suis pas mariée, mais je voudrais faire baptiser mon fils". Je me souviendrais toujours de la réponse de la secrétaire qui est depuis devenue une amie "mais Madame, c'est votre fils qu'on baptise, pas vous !". Ma vie ils n'en avaient cure. 

Lors de la préparation au baptême, c'est en discutant avec un prêtre camerounais que j'ai été convaincue que je pourrais me faire baptiser sans être jugée, sans que ce soit rébarbatif... 

Un an plus tard, je commençais mon catéchuménat. 

En deux ans, je me suis fait des amis. Ma préparatrice est devenue ma marraine. La secrétaire a pleuré à mon baptême... Les prêtres anciens, les nouveaux... Les catéchumènes... Je garde un souvenir ému de chaque grande étape qui m'a mené à ce grand jour. Brugnon a joué aux petites voitures sur le bord de l'Autel pendant la messe et tout le monde trouvait ça adorable (et moi je ne savais plus où me mettre).

Depuis j'ai déménagé. Je vais à la messe à la grande cathédrale d'Evreux. Avec parfois l'Evêque lui même ! Les grandes orgues, les processions, la chorale... c'est beau !!! 

C'est beau mais c'est froid. Tout est minuté, on est guidés à la cloche (pour de vrai, un servant d'Autel fait sonner la cloche quand on doit s'asseoir, quand on doit se lever, quand on doit s'agenouiller...). Les chants sont en latin (c'est pas mon truc, je trouve ça trop solennel). Je trouve souvent les messes longues et j'ai tout le temps froid. Il n'y a que des bigottes qui me regardent de haut et Brugnon me demande tout le temps quand ça fini. 

Hier c'était la veillée pascale. Ma messe préférée. Un ancien catéchumène que j'avais suivi allait se faire baptiser, du coup je suis retournée dans mon ancienne paroisse, dans une minuscule Eglise de campagne... 

Et les deux heures de messes sont passées tellement vite ! J'ai eu à nouveau les larmes aux yeux. J'ai retrouvé toute la chaleur humaine qu'il me manquait. Une messe pleine de vie, une messe pleine d'amour, avec un prêtre qui nous encourageait à chanter plus fort quand on n'avait pas assez de coeur. ça dégoulinait d'amour partout. Tout le monde était heureux de nous revoir. Le catéchumène m'est tombé dans les bras, heureux que je vienne assister à son Grand Jour quand lui était au miens l'année dernière. Brugnon m'a demandé une seule fois quand ça terminait. Il a tenu bien haut son cierge, il criait "amen !" et n'a pas voulu s'endormir avant d'avoir eu "sa croix sur le front" et il était plus de 23h... 

J'étais heureuse de partager cette ferveur, de chanter un "allez crier sur la montagne" en battant des mains comme chant de sortie, de chanter un "Comment ne pas te louer" complètement improvisé sur le parking de l'Eglise... 

Il n'y a pas à dire, je préfère une petite paroisse sans argent, qu'une grande cathédrale toute froide... Et même si je déménage à nouveau dans quelques mois, "ma" paroisse restera toujours celle là...