jeudi 23 juin 2016

Nouvelle vie

Je passe en coup de vent entre un mail à EDF et une tonne de cartons à boucler pour te dire que ça y est, je suis prête. 

Dans deux jours, je déménage. 

J'ai eu un coup de coeur pour un petit (tout petit) appartement de 41 m² dans une ville de Normandie. Oui, tu as bien lu. 

Je retourne en ville. 

Je reste en Normandie. 

Ce n'est pas ce qui était prévu au départ. 

Ma vie a pris un cours inattendu, comme d'habitude j'ai envie de dire. 

Toujours est-il qu'une fois de plus, je suis étonnée. Malgré les nombreuses embuches qui sont en train d'entacher mon déménagement (incompétence de l'administration, coupure intempestive d'EDF juste avant mon emménagement et j'en passe), et bah je suis contente. 

Oui, je suis contente de retourner en ville. 

Contente de voir du monde, de sortir, d'avoir des copines à proximité, des évènements à vivre et des choses à découvrir. 

J'ai l'impression de rajeunir, de reprendre vie après une longue somnolence, de reprendre ma vie (presque) là où je l'ai laissé à la naissance de mon fils. 

La campagne va me manquer. 

Mais ma nouvelle vie promet d'être enrichissante.

Et en ville.  

(mais une ville de province hein, faut pas déconner !)


jeudi 16 juin 2016

3 ans

Mon tout petit, mon trésor, mon amour. 

Tu as 3 ans aujourd'hui. 3 ans que tu partages ma vie un peu timbrée.

Tu n'as pas la meilleure mère au monde et tu n'auras pas la famille la plus normale, tu sais. 

Cette année, je t'en ai fait baver, j'en ai conscience et je m'en excuse. J'ai fait exploser ta vie, tes repères, tes habitudes. 

Normalement, bientôt, ça devrait se calmer. On va s'installer, trouver nos marques et les garder. Et dès qu'on aura déballé les cartons, je t'emmènerai à la mer et tu pourras faire des pâtés de sable avec ton seau Pat Patrouille.

J'ai envie de te bouffer en permanence. Quand tu dis "merci bien !" quand je fais quelque chose. Quand tu pose ton front sur le miens en disant "je t'aime". Quand tu dis bonjours aux chats en leur disant qu'ils t'ont manqué. Quand tu me demande un "câlin-cheveux" ou un massage pour soulager ton petit ventre. Quand tu t'évertue à faire des phrases avec un sujet, un verbe et un complément, même si la syntaxe et la conjugaison ne sont pas toujours exactes. 

Tu es incroyablement fort et courageux, plein d'espérance et de joie de vivre. Tu t'intéresse à tout, tu poses des questions sur tout. Tu es un incorrigible gourmand et un coeur tendre. J'aime nos habitudes, nos connivences, ce que nous partageons et qui n'appartient qu'à nous. J'aime les remarques impertinentes qui font rire les passants quand on est dans la rue. Tu rapproches les gens, tu détends l'atmosphère, tu rends le monde plus heureux à ta façon.

Quels qu'aient été mes choix par le passé, une chose est sûre.


Je ne peux pas concevoir ma vie sans toi. 


Tu seras toujours ma priorité et je ferai tout pour que tu sois heureux. 

Aujourd'hui, mon chéri, c'est le grand jour. 

Tu vas souffler tes bougies, tu vas recevoir ton "gros camion" et tu auras enfin 3 ans. Ces 3 ans que tu attends depuis si longtemps et qui pour moi sont arrivés si vite. 

J'ai hâte de voir le petit garçon que tu vas devenir. Hâte de vivre ta première rentrée, tes premiers souvenirs, et toutes les choses qui nous attendent tous les deux.  

Je t'aime mon fils. 


Joyeux anniversaire. 





samedi 11 juin 2016

O.P.T.I.M.I.S.M.E

Parfois on me l'envie. Parfois on me le reproche. Parfois on m'accuse d'inconscience.

Mais je lui dois ma survie.

Il m'aide à cloisonner les problèmes, les prendre et les résoudre un par un.

C'est mon mécanisme de défense à moi. Il me fait voir le beau même quand tout est moche. Il m'aide à percevoir la lumière au milieu de l'obscurité.

Grâce à lui, je profite de chaque instant. Il fait d'une chanson un exutoire, d'une balade un voyage. En quelques minutes, je peux recharger mes batteries.

Il m'a appris qu'il fallait que je garde confiance. En Dieu, en la vie, en ma bonne étoile, en mon instinct.

Il m'encourage à sauter tête la première sur un coup de tête et me promet qu'il y aura assez de fond en dessous pour que je puisse me rattraper en douceur.

Parfois c'est un peu plus rude que prévu.

Parfois je m'écorche un peu en chemin.

Parfois j'atterris un peu plus loin que ce que j'avais imaginé.

Mais je ne me plains pas.

Jusqu'ici j'ai toujours atterri.

Il est ma chance, ma force, mon soutien.

Mon optimisme. 



lundi 30 mai 2016

Je l'ai fait

Voilà. 

Je l'ai fait. 

Il y a 2 ans, peu de temps après avoir repris le boulot après mon congé parental, je me suis rendue compte que ce travail n'était plus fait pour moi. Enfin, en vrai, il ne l'avait jamais été, sauf que là, je ne le supportais plus. Sûrement parce que je mesurais davantage ce que je ratais en passant mes journées au boulot. 

La balance penchait clairement du mauvais côté, jusqu'au jour où j'ai entendu le petit "cling" dans ma tête. Ce petit bruit de la balance heurtant la table a raisonné dans ma tête et j'ai ouvert les yeux. C'était fini. Si j'avais pu ne pas mettre les pieds au bureau dès le lendemain, je l'aurais fait. 

Le problème c'est qu'à 18 ans, je n'avais aucune idée de ce que je voulais faire, et surtout de ce pour quoi j'étais douée. Est-ce qu'à presque 30 ans j'allais mieux m'en sortir ? Changer de voie, oui, mais pour où ? 

Bref. Me voilà. 2 ans plus tard. 

J'ai passé mon concours, j'ai eu une des 16 places sur 400 candidats. J'ai étudié, j'ai travaillé en stage. J'ai découvert le monde médical, celui de l'hôpital. Je me suis fait des frayeurs, j'ai appris à relativiser, à faire preuve d'humilité et à croire en moi. 

J'ai eu l'impression de me noyer, de ne pas y arriver. J'ai eu envie d'arrêter. 

Mais je suis têtue. J'avais pas fait tout ça pour m'arrêter en cours de route. Je n'avais pas envie de passer pour une faible et surtout, SURTOUT, pas envie de me retrouver à nouveau derrière un bureau. Plus JAMAIS. 

J'ai validé tous mes modules les uns après les autres. Avec une moyenne de 16/20. Sans fausse modestie, j'en suis fière. Mon travail a payé. Car oui, papa, maman, j'ai travaillé. Ce n'est pas mon BTS d'Assistante Trilingue qui m'a appris l'anatomie et la physiologie. 

D'autant plus que je gère une séparation, un gamin de 3 ans et un déménagement dans le même temps. 

Alors je trouve que franchement, je ne m'en sors pas trop mal. 

Même si j'ai toujours l'impression que le monde tourne et que je cours derrière pour essayer de le rattraper. 

Je suis fière de moi (je l'ai dit ou pas ?).

Fière que la petite assistante de direction qui n'avait aucune expérience médicale soit aujourd'hui considérée comme une des meilleures élèves de sa promotion. Fière qu'on m'ait recommandé de pousser plus loin et de devenir infirmière (qui sait, quand j'en aurais assez du confort, je me relancerai peut être dans l'aventure). 

Je suis surtout très très fière d'avoir enfin trouvé ma voie. Fière de faire un métier que j'aime, d'aller au travail avec enthousiasme, de rentrer crevée mais sans jamais être déçue de ma journée, en ayant eu l'impression de servir à quelque chose, à quelqu'un, d'être utile. De m'abreuver de sourires et d'humanité. 

Il y a deux ans je désespérais de pouvoir dire ça un jour. 

J'aime mon travail. 


Maintenant il me reste 1 mois de stage en crèche pour valider mon diplôme. Je vais pouvoir en profiter pleinement, sans me mettre un stress inutile, en ayant du temps pour récupérer le soir. 

Je suis une blouse blanche, je vais le rester et j'en suis fière. 

Je suis Auxiliaire de Puériculture





samedi 14 mai 2016

Rencontre avec le polyhandicap

Dans le cadre de ma formation, je suis amenée à faire un stage dans un établissement qui accueille des enfants polyhandicapés. Je n'étais pas obligée d'accepter, mais j'en ai fait la demande. Je voulais voir de tout et je ne voulais pas partir sur des a priori pour faire mon jugement. 

Le polyhandicap, en gros, c'est lorsqu'un (ou plusieurs) handicap moteur se cumule avec un (ou plusieurs) handicap mental. Les enfants polyhandicapés sont généralement totalement dépendants, avec de gros déficits moteurs et un retard mental plus ou moins prononcé. 

J'avoue que je n'ai pas fait ma fière en y allant. Je savais que ça allait être un stage difficile, éprouvant physiquement et moralement. 

Quand je suis arrivée, un concert était organisé pour les enfants. Et le charme a fait effet. Et je ne parle pas de la musique. J'ai croisé des regards, j'ai surpris des rires. J'ai presque versé une larme. Pas de peur. Pas de tristesse. Mais d'émotion. 

Parce qu'il se dégageait plein de vie de tous ces enfants. Ils communiquaient tellement d'amour, de bonheur, que c'en était presque douloureux. 

Ils ont une force. Vous ne pouvez même pas l'imaginer. 

Ils n'ont rien. 

Mais ils ont tout. 

Leur sourire, c'est du bonheur à l'état pur. 

C'est une âme qui apparaît à la surface. 

Ils ont une telle force de vie qu'ils sont capable de repousser les limites de la science, de faire mentir la médecine, juste pour rester avec nous. 

Humainement, on se prend une grande claque dans la tronche.

Ils sont innocents. 

Ils sont géniaux. 

J'apprends énormément auprès d'eux, pour ma formation, bien sûr, et humainement aussi. 

J'apprends à relativiser, à savourer. 

Je ris avec eux. 

Je chante avec eux. 

Je fais le plein de vie, avec eux. 

Alors si je dois vous donner un conseil. Ne vous arrêtez pas aux apparences. Oui, leur corps a subit des malformations. Oui ils ont un visage qui a souffert. Oui, parfois ils bavent, ils poussent des cris. Mais prenez le temps. Cherchez leur regard. 

Vous avez tellement à apprendre d'eux. 

Nous avons tous à apprendre d'eux. 


mardi 19 avril 2016

Le terrible aveu

Quand j'étais jeune, j'ai lu tout ce qui tombait sous ma main. J'ai dévalisé la bibliothèque de mes parents, de mes frères et soeurs, la bibliothèque municipale et même les bouquins qu'on récupérait dans les kermesses de l'école.

C'est comme ça que je les ai découverts. 

Appelle les comme tu veux. 

Romans de gare. 

Bouquins à l'eau de rose. 

Littérature pour femme même, il parait. Encore que. 

J'ai découvert la fantastique Barbara Cartland. Si tu connais pas, Barbara Cartland c'était un bonbon géant. Une femme qui s'habillait toujours en rose et qui a écrit des tas et des tas d'histoires qui ont toujours la même trame. Elle, de préférence belle, jeune et vierge effarouchée, lui, de préférence grand séducteur et riche, des titres de noblesse, des grandes robes, des chevaux, le Prince de Galles (Prinny, pour les intimes) et de l'amour et des paillettes partout. ça se fini toujours par un super mariage, ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants. 

Malheureusement pour moi, ça n'était pas une littérature assez intellectuelle. Elle était même tellement dénigrée que je me planquais pour lire ou que je recouvrais mes bouquins de couvertures en papier journal pour ne pas qu'on devine le titre...  

Et puis après j'ai grandit, j'ai fait ma vie, et ils sont tombés dans l'oubli. 

Jusqu'à cette année, j'ai rencontré une collègue à l'IFSI et je ne sais plus comment on en est venu à parler de Barbara. Elle m'a dit qu'elle en avait plein et qu'elle voulait bien me les prêter. 

C'était délicieusement nostalgique pour moi. J'ai redécouvert les sensations de midinette qui me parcouraient quand j'avais 12 ans dans ma chambre de jeune fille. J'ai eu envie d'en lire d'autres, d'en lire plein. 

J'ai découvert que mon ami Harlequin était un fournisseur insatiable. Le rayon se remplit indéfiniment. Et même des ebook gratuits ou pas chers. 

Je les dévore. 


Je sais c'est con. Les histoires se ressemblent de toutes, les filles sont toutes bien foutues, les mecs sont tous parfaits, et tout est toujours bien trop beau pour être vrai. Tu sens le truc venir à 10 kilomètres. 

Mais c'est pas grave. 

Je n'ai plus honte. 

Parce que je trouve ça incroyablement agréable, de me pelotonner dans mon canapé, dans mon lit ou même pendant les pauses entre les cours, et de me plonger dans ces histoires où tout est toujours rose et où tout s'arrange à la fin. 

ça se savoure comme un petit bonbon, on à hâte de savoir la suite, on se presse, on se presse, et on est triste que ça se termine. ça met des petits papillons dans le bidon, ça fait glousser comme une ado et ça met des sourires tout con sur les lèvres. On fait le plein de bons sentiments et ça aide à affronter le monde moche de dehors. 

Bref, j'assume. 

Je suis accro au rayon "cucul" des librairies. 

Et j'ai un gros faible pour les "historiques". Plus c'est improbable, plus ça me plait !

C'est pas les meilleurs, mais les autres sont dans les cartons ! 



dimanche 3 avril 2016

Maman Solo au XXIème siècle

Lorsque j'ai décidé (parce que oui, j'ai décidé, je l'assume) de devenir maman solo, je pensais régler la plupart de mes problèmes d'un seul coup. Je m'étais dit que ça allait être difficile, mais que j'aurais le soutien de ma famille et de mes amis. 

Mais je savais aussi qu'en étant celle qui part, j'allais forcément être stigmatisée. Je suis l'être sans cœur, celle qui ne réfléchit pas, qui ne fait pas d'effort pour sauver son couple, qui cède à la facilité. Je suis la mère irresponsable, qui ne pense pas à son avenir, qui se met en difficulté volontairement... Et en plus, je suis au chômage !!!! Du coup je suis aussi celle qui profite des allocations, des aides sociales, du gouvernement... 

Du coup j'entrevois un futur un peu moins glorieux que celui que je m'étais imaginé.... Je suis celle qui sera taxée d'inconsciente dès qu'elle dépensera un centime. Ma sœur m'a déjà demandé de vendre ma voiture (une voiture, aujourd'hui, tu n'y pense pas !!!!) et mes parents mon téléphone portable (quelle dépense inutile !). 

Je m'attendais à être stigmatisée. Pas à me prendre des coups de toute part. Quand je souris, je suis celle qui se réjouit du malheur des autres. Quand je me plains, je suis une ingrate. Après tout, je me suis foutue dans la merde toute seule, je n'ai qu'à en sortir toute seule. Je n'ai plus le droit d'être heureuse, de sourire et de prendre les choses du bon côté. Je n'ai plus le droit d'être fatiguée, de baisser les bras, de douter.

Et pourtant, c'est maintenant que j'ai besoin d'aide. C'est maintenant que je fais la forte et qu'intérieurement j'ai envie de pleurer. C'est maintenant que je manque de courage face à tout ce que j'ai à faire, que j'ai envie de me planquer sous ma couette et de dormir mille ans. C'est maintenant que j'ai peur de l'avenir, de me retrouver sans maison et sans ressource. C'est maintenant que je sens la rupture arriver et que je lutte pour ne pas couler. J'ai un fils aujourd'hui, je me dois d'être forte pour lui, mais jusqu'à quand y arriverai-je ? 

Et là, je pense à ma mère, il y a 35 ans, et à ce qu'à dû être sa vie, au début des années 80 quand elle a fait le même choix que moi avec deux enfants en bas âge. A l'époque, le mot "monoparental" n'existait même pas. Et dans sa famille on ne connaissait pas le mot "divorce" non plus. Mon admiration pour elle ne fait qu'augmenter. 

Au moins, moi, j'arrive en terrain conquis. Les choses ont évolué. Les mentalités aussi. Du moins je l'espère.

Alors oui. 

J'ai 30 ans. 

J'ai quitté mon CDI bien payé pour reprendre mes études pour un boulot de dingue payé une misère pour lequel je ne suis même pas sûre d'être titularisée. 

J'ai quitté le père de mon fils pour vivre en maman solo sans ressources et devoir tout assumer toute seule. 

Le qualificatif qui revient le plus à mon sujet c'est "folle". 

Peut être que je suis folle.

Jusqu'ici, malgré tout, je m'en suis pas trop mal tiré. 

J'ai pris ma vie en main, malgré les risques, malgré les doutes et je mène ma barque. Elle tangue, elle prend l'eau, mais elle vogue encore.

Quand je regarde ce que j'ai accompli en 2 ans à peine, je suis fière de moi. Que les autres ne le soient pas, après tout, qu'est-ce que j'en ai à foutre ? 

Je ne me suis pas laissée vivre dans un métier qui ne me convenait pas et dans un couple qui ne me rendait pas heureuse. Je ne vais pas me réveiller à 50 ans en me demandant ce que j'ai fait de ma vie. 

Elle est trop courte, j'ai encore des choses à vivre et je compte les vivre pleinement. 

Et libre. 

Je vais garder la tête haute. 

J'ai été à bonne école.