jeudi 16 mars 2017

Se reconstruire

Cela fait 1 an que j'ai quitté Pruneau. Une année de folie, à courir partout. Un baptême, un diplôme, un déménagement, 2 boulots... une année à redécouvrir ma vie, à me redécouvrir. Une année à me perdre aussi. Une année à chercher l'homme parfait, l'homme qui saurait concilier le style que j'aimais avec la connivence qui sied à un couple. 

Une année d'échecs aussi, d'angoisses, de doutes. Une année de solitude, finalement, à affronter les turpitudes de la vie toute seule, à gérer mon enfant toute seule, à avoir peur de l'avenir, toute seule. 

Il y a quelques semaines, j'ai fait une énième rencontre. Un collègue d'une de mes meilleures amies. Je n'y croyais pas, absolument pas. Trop de désillusions, trop de déceptions. Quand on s'est vus, je n'y croyais pas non plus. Mais voilà, pour une fois, en vrai c'était bien mieux que par messages interposés. En vrai c'était beau, c'était drôle, c'était calme. 

Calme. 

Et c'est une nouveauté que j'ai découvert. 

Toutes ces années, j'ai été attirée par les mauvais garçons, la passion, les histoires compliquées. J'étais inexorablement attirée par les hommes torturés, intelligents mais perdus, comme je l'étais un peu moi-même. Je m'étais convaincue que je ne pourrais pas être bien avec un homme calme. 

Mais voilà, mon barbu est un calme. Un mec bien dans ses baskets, bien dans sa vie, bien dans sa tête. Il n'a pas de fond torturé, il n'a pas de doutes, pas de revirement, pas d'inquiétudes. 

Et Mon Dieu comme ça a changé ma vie. 

Comme c'est bon de ne pas craindre à chaque silence qu'il puisse être en train de faire la tête. Que c'est bon d'avoir (presque) des certitudes. Comme c'est bon de pouvoir compter sur quelqu'un, d'être sûre de soi et de son couple. Retrouver confiance en soi, en l'avenir et en l'autre. 

Je me suis rendue compte aussi des années de manipulation que j'ai subie. Consciente ou non. Du chantage, des jours de silence pour attiser le manque, me faire accepter tout et n'importe quoi en me faisant souffrir. 

Pas de chantage, pas de manipulation... que de la discussion. Des rires, des taquineries, des "p'tit con"...  

Il n'a pas eu peur de mon fils, bien au contraire. Il n'a pas eu peur de mon bordel (enfin, si, mais il est resté quand même). Il n'a pas eu peur de mon histoire, de mon passé, de mes erreurs. Il accepte tout sans jugement. Il accepte que je m'endorme devant le film le soir sans faire la gueule parce que je n'ai pas les yeux ouverts quand il me fait l'immense honneur d'être là. Il accepte que j'ai un style bizarre, même si c'est très loin de son univers à lui. Il m'accepte telle que je suis, à la seule condition que je l'accepte également tel qu'il est. 

J'ai parfois du mal à y croire. Je me demande souvent comment je vais tout faire foirer, j'ai peur que mon inconscient me pousse à tout faire pour le faire fuir. 

Évidemment tout ne va pas se faire en une fois. 

Brugnon vient de le rencontrer et il a encore du mal parfois. Il est ravi de jouer avec mon amoureux, mais il peine à partager sa maman. Il me dit parfois qu'il ne veut pas qu'il revienne, qu'il ne l'aime pas... Et un quart d'heure plus tard il se jette sur lui pour lui faire des bisous. Quand on est allés se promener hier, il s'est mis à pleurer parce qu'il a eu peur qu'on parte sans lui. Et le soir, il a demandé si le Barbu restait dormir avec nous. 

Nous avons tous les deux besoin de temps, pour ouvrir notre vie à une tierce personne, alors que même du temps de Pruneau nous étions très souvent livrés à nous même. 

Nous cheminons tranquillement, avec beaucoup d'amour et de calme. 

Nous avançons. 

Comme dirait mon fils : on est 1, 2 et 3... 


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